La construction du château de Nice.

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La construction du château de Nice.

Combien de voyageurs, combien de touristes éphèmères qui sont montés confiants vers cette cime débonnaire en sont revenus déçus et l’âme insatisfaite. Partis à la découverte du «château de Nice» ils n’y ont trouvé que quelques pierres…
La faute à qui ? La faute au Roi Soleil, ce monarque autoritaire protecteur des arts n’aimait pas qu’on lui résiste aussi piqua t’il une colère le 13/7/1706. Au son des trompettes et des tambours il fit détruire une oeuvre dont la construction avait pris cinq siècles.
Pendant six mois à coups de tirs de mines la destruction eût lieu pierre par pierre.
Au XII°siècle commença sur le plateau dominant la mer la construction d’une «citadelle» constituée d’un château, d’une église et de maisons, le tout entouré d’une palissade de bois.
Ce premier château fut détruit en 1215 lorsque les niçois se ralièrent à la République de Gènes. En 1230 la construction reprit avec l’érection de la Tour Royale et de la Tour grosse, un château et une cathédrale dédièe à Sainte Marie.
En 1388 avec la dédition à la Savoie, les comtes et les ducs de Savoie continuent cette oeuvre avec la construction d’une muraille et de la Tour du Môle, une porte en marbre également.
Amédèe VIII a besoin d’argent car les travaux coûtent cher, quoi de mieux qu’une taxe et ce seront les bâteaux arrivant sur Villefranche qui financeront. Sous Charles III trois nouvelles tours sont construites, en 1517 un puits profond de 80 mètres fut creusé dans la roche permettant l’approvisionnement du château en eau douce.
En 1543 Nice fut assiégé par les Turcs de Soliman le Magnifique allié à François I°, ce fut l’épisode de Catherine Ségurane montrant ses fesses aux assaillants du haut des remparts et la résistance du château.
Par la suite Charles Quint renforça les remparts de la ville avec l’aide d’architectes italiens et niçois.
C’est ainsi que alors qu’en 1705 la ville basse s’étant rendue aux troupes de Louis XIV très rapidement le château résista une dizaine de mois déclanchant la fureur du Roi Soleil, celui ci envoya sur place le Duc de Berwick fils de Jacques II d’Angleterre. A l’aide de 113 canons et mortiers il mit deux mois pour obtenir la capitulation du château.
C’est pourquoi de nos jours, les voyageurs et touristes errent ils toujours sur la colline au dessus de la vieille ville à la recherche d’un château dont l’absence est si présente.

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Romèe de Villeneuve et Nice

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En 1217 les «baillies» ont été créées en Provence avec les baillis à leur tête, le premier d’entre eux fut un certain Justas d’origine Catalane. Il faut dire qu’à cette époque cette région de France était sous tutelle Aragonaise.
En 1213 à la Bataille de Muret entre les Aragonais et les croisés du nord de la France, les Aragonais sont défaits et ceci favorisera la création du comté de Provence.
Nous sommes pendant la période du règne de Louis IX dit Saint-Louis, et la Provence n’appartient pas encore au royaume de France et le Comté de Nice n’existe pas encore, il ne sera créé qu’en 1388 par la dédition de Nice à la Savoie.
Cependant, Nice en tant que ville de Provence dispose déjà de prérogatives qui lui sont propres. En tant que grande cité de Provence comme Avignon, Tarascon ou Arles, Nice n’est pas une «baillie», elle devient une viguerie où le viguier représente la Cour auprès du pouvoir municipal et dans son cas Nice est une exception.
Ainsi le 9 Novembre 1229 le Comte de Provence Raimon Bérenger V concède des privilèges exceptionnels à Nice :
– Exemption totale des droits frappant le pain, la viande et les fromages et reconnaissance de la compétence judiciaire des Consuls sauf en matière d’Homicide.
Le premier Viguier qui fut nommé est Romèe de Villeneuve. Nice n’avait pas connu d’administration aussi efficace que la sienne depuis l’Antiquité. Romèe de Villeneuve est à la fois Gouverneur de la Provence orientale, Baile de tout le comté et Viguier de Nice. Il fortifie de donjon du château de Nice, créa la ville de Villeneuve Loubet et son château, fait construire la Tour Barbiscana.
Il mourra subitement en Aout 1245, après avoir mis en place une oeuvre importante pour la Provence et Nice.

 

L’activité de pêche sur la plage des Ponchettes avant 1857

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Le 11 mars 1857, l’Impératrice de Russie inaugure la route du bord de mer vers Villefranche-sur-Mer, partant du tout nouveau port Lympia, le nouveau port de Nice. Mais avant…?

Imaginez vous la plage face au Vieux Nice, lieu dit Les Ponchettes, et sur cette plage de nombreux «pointus» …Ainsi depuis l’Antiquité l’anse des Ponchettes est le port de Nice, sans aucun quai, ni môle, bateaux de commerce et barcasses de pêches mélangés.

Il ne reste qu’un vestige de cette époque, auquel peu de touristes prêtent attention, le treuil face à l’actuel Musèe de la Marine

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Après l’ouverture du port Lympia les bateaux de pêche  ne quittèrent pas ce lieu de suite, ils y restèrent encore un peu, d’autant qu’entre la plage et les maisons de la vieille ville il y a ces petites maisons que l’on aperçoit sur la photo ci dessus et qui leur servent de logements, ainsi que la présence d’une source d’eau douce pour se laver et nettoyer leurs filets…Et dans le bâtiment à droite de la photo (la galerie de la Marine) se trouvait le marché aux poissons (la Chapa).

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Des amènagements avaient été pratiqués cependant : ainsi les plans inclinés de pierres pour hisser les barques, avec des traverses en bois (pour proteger du frottement des pierres) dont on voit la trace de nos jours (recouvertes de ciment qui tranche sur les pierres)

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Et l’installation de ce treuil pour aider au halage des barques, avec d’abord des cordes puis des gros câbles, ce treuil fonctionnera jusqu’au début du XX° siècle avant que les baigneurs n’y viennent prendre leurs aises.

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L’histoire du Port Franc de Nice

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Voici des faits dont la grande Histoire de France ne parle pas, normal me direz vous, à cette époque Nice n’appartenait pas à la France.
Au début du XVII° siecle, dix ans avant que Richelieu (celui là même qui fit le siège de la Rochelle) ne soit Cardinal et Ministre de Louis XIII, un duc de Savoie, Charles Emmanuel 1° va créer une institution qui scellera le destin commercial de Nice et participera à son développement : le port franc de Nice.

Charles-Emmanuel 1° fut un gouvernant novateur puisqu’il oeuvra utilement pour la ville en créant notamment : «l’insinuation notariée» qui permettait le dépôt légal de tous les actes passés dans toutes les communes du comté de Nice, sources indispensables des recherches historiennes futures. Il créa une banque à Nice, stipulant notamment que l’exercice des actes de banque ne pourrait être considéré comme une dérogation à l’état de noblesse. Mais surtout il créa également le Sénat de Nice.
Il avait ainsi mis en place la création du port franc de Nice qui fut institué le 22 Janvier 1612. Il concernait : la plage de Nice (notamment à Saint-Lambert à l’ouest du château) et de Villefranche (le port Olive) et un peu plus tard celle de Saint-Hospice.
Cela signifiait la libre entrée des marchandises, mais également le droit d’asile aux gens de mer et négociants quelles que soient leur origine et leur religion. Les bannis d’autres états pouvaient s’y réfugier, seuls étaient interdits les meurtriers, les voleurs,les faux-monnayeurs, les coupables de lèse majesté.
Les douanes étaient repoussées au delà des Alpes, le comté de Nice devenant un territoire au régime d’exception. Ainsi tous les magasins qui avaient été construits auprès des trois plages ci-dessus reçoivent les marchandises des bateaux en toute franchise de droits…
Les pays qui livraient Nice étaient notamment : Naples, la Sardaigne, l’Espagne, l’Angleterre et la Hollande. La France livrait tres peu à Nice.
Voici une liste non exhaustive des produits livrés : en tête les huiles d’olive, les viandes fraîches ou salées, les vins, les agrumes, les fruits secs (figues, amandes),les eaux de fleurs et les essences de citron,les anchois et les poissons en conserve, le fustet (aussi appelé arbre à perruque, sert pour les teintures), bois de construction, marbres, verrerie, draps, couvertures, savon, papier etc…
Grâce au port-franc Nice pourra réparer les ruines du XVI° siècle et progresser. Ce droit de port-franc ne sera résilié qu’en 1853 par Cavour, cette disparition sera une des raisons du rattachement du comté à la France.

Sources : sur ce sujet voir les écrits de Edouard Beri en 1924.

Louis XIV et la destruction du Chateau de Nice (Suite et fin)…

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Pour aborder l’épisode de la destruction du château de Nice il est utile de se servir des écrits d’un témoin de l’époque, à savoir Honoré Giraudi, notaire niçois et ami de l’historien Gioffredo.
Fin 1690, Catinat était dans le Pièmont, vainqueur du Duc de Savoie à Staffarde, il se dirigea alors vers Nice avec ses troupes tandis que le Comte d’Estrées avec ses navires se trouvait au large de Nice.
Catinat franchit le Var le 12 Mars 1691 et attaque par trois côtés : aux Baumettes, au Monastère de Cimiez d’où il domine la ville et sur la route de Turin. Avançant ses pions il fait tomber Villefranche et la Tour de Boze. Le 20 Mars les forts de Saint Hospice et du Mont Alban capitulent. Le 25 Catinat somme les Niçois de se rendre. Les Niçois de 1691 n’ont plus rien à voir avec les héros de 1543 qui résistèrent aux turcs.
Ainsi, Gioffredo Abbé de Saint Pons avec 4 notables et Giraudi se rendent au camp de Catinat et capitulent.
Mais le gouverneur du château le Comte de Frossasco refuse et défend le Château. L’artillerie française va déclancher des tirs infernaux. Le 30 Mars à 22h00 une bombe, percute le donjon et met le feu à une énorme réserve de poudres. L’explosion fut terrible. Giraudi écrit que des grosses pierres tombèrent sur la ville et même jusqu’à Cimiez.
La vieille cathédrale du château ainsi que d’autres bâtiments s’écroulèrent, d’autres explosions de poudres eurent lieu le lendemain et Catinat accepta que les civils quittent la ville.
Le 4 Avril le fort se rendit. Le Chevalier de la Fare est nommé Gouverneur de Nice et Louis XIV prit le titre de Comte de Nice. Nice et son comté ne furent rendus au Duc de Savoie que le 29 Septembre 1696 par le traité de Turin.
On aurait pu penser que tout était fini, mais le Duc de Savoie fit une alliance avec l’Empereur Charles VI pour obtenir le Duché de Montferrat. Le 4 Mars 1705 le Duc de la Feuillade remplaçant de Catinat, à la tête des troupes françaises franchit le Var, certains niçois dont Giraudi ayant mit leurs familles à l’abri dans l’arrière pays.
Le Duc de la Feuillade s’installe à Cimiez. Le 15 Mars il fait creuser des tranchèes devant Nice. Le 16 Avril les Consuls de Nice signent la réddition. Le Gouverneur Mr de Carail se barricade dans le château avec son fils à ses côtés. Le successeur du Duc de la Feuillade, Mr de Berwick bombarde le château, ce ne sera que le 5 Janvier 1706 que Mr de Carail se rendit, soit près de neuf mois plus tard.
Furieux et revenchard Louis XIV prit la décision, en reprenant le titre de Comte de Nice, de démolir pierre par pierre toutes les fortifications. Cela dura 5 mois, jusqu’en juillet 1706. C’est ainsi que sans le savoir les Niçois s’ouvraient au tourisme.

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Louis XIV et la destruction du Chateau de Nice…

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C’est l’histoire de la vengeance d’un Roi contre un petit comté…:

Lorsque Louis XIV révoque l’Edit de Nantes en 1685, il règne depuis 42 ans, et il lui reste 30 ans à vivre, mais cette année là il commit sa plus grosse erreur car son geste provoquera l’exode de beaucoup de gens de valeur, des protestants qui se réfugièrent en Hollande et en Allemagne notamment, mais aussi dans le Nouveau Monde.
Et ce Roi persiste, il s’attaque ensuite aux Vaudois des vallées alpines, en y envoyant son Maréchal de camp Catinat contre ceux que Louis XIV appelait «ces israeliens de la montagne».
Pour cette expédition il demanda le concours du Duc de Savoie Victor Amédée sous les ordres de Catinat. Le Duc accepta. Les hostilités commencèrent le jour de Pâques 1686.
Ce fut une seconde guerre des «camisards» tout aussi atroce que la précédente : incendies, razzias, rafles, embuscades, guerillas. Battus, les Vaudois dénommés «Barbets» s’exilèrent en Genèvois et en pays de Vaud.
Le Duc de Savoie changea d’attitude lorsqu’un Prince de la Maison d’Orange (protestante) devint Roi d’Angleterre et Victor-Amédèe changea ses alliances en s’alliant aux nations protestantes et en laissant les Vaudois réintegrer leurs montagnes. Un épisode de cette longue marche à travers vallées et montagnes est celui du retour dans la neige, le brouillard et la pluie des Vaudois vers les vallées dominées par le Mont Viso. Ils avaient amené des otages avec eux dont beaucoup périrent. Ce fait mit Louis XIV dans une rage folle.
Dans le même temps Louis XIV somma le Duc de Savoie de déclarer la guerre à l’Espagne, le Duc refusa de s’allier avec lui en Juin 1690…
A suivre…

L’Histoire du «très invaincu» Roi de Sicile.

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En 1713 Victor Amédèe II, Duc de Savoie et de Montferrat, Prince de Pièmont et Comte de Nice devint Roi de Sicile avec l’accord de Louis XIV (qui au siège de 1706 détruisit le Château de Nice), de l’Autriche et des Anglais.
Enjeu du partage de l’Empire Espagnol avec les royaumes de Milan et de Naples, ce cadeau d’un royaume à un de leurs alliés calmera un temps les ardeurs des vainqueurs. Tout heureux, Victor Amédèe II accepta la Sicile et décida de reconstruire la Tour communale de l’Horloge autrefois attenante aux fortifications du Château. On changea l’emplacement de la Tour en la situant sur l’actuelle Place du Palais de Justice à côté du Palais Rusca.

84323137.oMiMJbIX.NCEAug07446 Les travaux s’achevèrent en Mai 1718 et on apposa une plaque commémorative qui indiquait
«Au très invaincu roi de Sicile, duc de Savoie et de Montferrat et Comte de Nice», seulement, le 1° Juillet 1718 les espagnols envahissaient la Sicile et Victor Amédèe II restitua l’île à l’Espagne le 7 Novembre 1718, fin du court règne sicilien du «Très Invaincu» Roi de Sicile.