Miguel Barnet (Cuba)

miguel10 né en 1940 à La Havane, cet écrivain (trés connu à Cuba) fut professeur de Folklore à l’école pour les instructeurs des Beaux Arts, il travailla aussi à l’Institut d’Ethologie. Il a publié de nombreux articles sur le folklore cubain et sur les racines africaines de la culture cubaine. Poète il a fait publier : »La piedra fina y el pavorreal » et « Isla de Guijes ». Son ouvrage : »Biografia de un cimarron » l’a rendu célèbre. C’est en fait un temoignage recueilli du vivant d’un des esclaves protagoniste des révoltes contre l’esclavage dans cette île, il relate la participation d’Estaban Montejo (agé de 104 ans lorsque Barnet recueillit son temoignage) a la guerre d’Indépendance menée par les Mambises contre les espagnols à l’époque de Antonio Maceo et Maximo Gomez, ainsi qu’à la fin de l’esclavage a Cuba.
Pour ecrire « Biografia de un cimarron » Barnet proceda comme un ethnologue en realisant l’interview d’Esteban et en la transcrivant dans le recit rédigé à la première personne, celle du témoin principal, dans son ouvrage sont abordés entre autres les thèmes de la religion afro-cubaine, celle de la vie des esclaves dans leurs cases, ainsi que celle des révoltés (cimarrones) dans les montagnes de l’île; c’est un récit vrai, vécu de l’interieur par un homme fier luttant pour sa liberté…
Il est édité en français sous le titre « Esclave à Cuba » et peut être trouvé (avec un peu de chance) en bibliothèque

41nrzi10 Lorsque Miguel Barnet rencontre Esteban Montejo en 1963, lui même a 23 ans est écrivain et ethnologue, pour lui c’est une aubaine de pouvoir recueillir les propos d’un temoin de l’histoire de son pays en pleine reconstruction. Esteban serait né en  1860 à Sagua la Grande, dans la province de Santa Clara que Che Guevara rendra célèbre par l’épisode de l’attaque du train blindé lors de la Revolution castriste.

L’intérêt du livre porte surtout sur le temoignage de la vie d’esclave par un des derniers esclaves vivant à l’époque, la description des rafineries de sucre, des logements d’esclaves, de leur vie (hommes et femmes) dans ces lieux, le rôle de la sorcellerie et des religions africaines. Et lors de sa fuite la vie d’un cimarron dans les grottes et les forêts. On y découvre un homme proche de la nature ce qui lui a permis de survivre, un homme plein de prudence et respectueux des autres.
J’ai bien aimé sa description des remèdes par les plantes, celle des oiseaux cubains dont certains ont disparu de nos jours.
Avec objectivité il aborde le sujet du contact des religions, il accepte la Santeria, croit à la sorcellerie et se méfie des curés. Ce qui m’a amusé c’est l’interêt qu’il porte à la nourriture lors des fêtes lucumis (Santeria), il decrit des légumes et des plats qui existent toujours de nos jours, ainsi les boniatos (dont on fait des frites ou des gâteaux), des malangas (dont on fait des beignets), des ignames, du riz aux haricots blancs et noirs (que l’on appelle moros y cristianos).
Un passage m’a interessé également, celui où il explique la grande présence d’insectes par la vengeance des premiers indiens de Cuba exterminés par les conquistadores, et celle de la lutte de leur chef Hatuey que la Revolution castriste a pris pour un des pères de la nation (on en a même fait une marque de bière)…

 

Retour à l’accueil

Ernest Hemingway

Author Ernest Hemingway, who lived on and off in Cuba, is shown with Cuban Prime Minister Fidel Castro in Havana, May 15, 1960.  (AP Photo)

Author Ernest Hemingway, who lived on and off in Cuba, is shown with Cuban Prime Minister Fidel Castro in Havana, May 15, 1960. (AP Photo)

Certains commentaires sur cet auteur condamnent l’homme et parfois l’auteur, il est vrai que si nous essayons de le comprendre avec un regard contemporain on peut retracer des grands traits de son caractere qui de nos jours sont montrés du doigt (par exemple son côté macho), mais si nous nous replacions dans le contexte de l’epoque son attitude est banale, elle est presente chez beaucoup d’auteurs de cette epoque, par exemple Joseph Kessel. Lire une oeuvre avec un oeil critique actuel c’est la denaturer, un auteur a son histoire, qui est celle des gens de son epoque, ses reactions sont à l’aune de celle de ses contemporains. Lorsque je lis un ecrivain je recherche sa biographie, je veux savoir à quoi se refere son oeuvre, par exemple pour Hemingway l’exasperation de son côté machiste tiendrait peut être à sa petite enfance : sa mère aurait voulu qu’il soit une fille et pour ce faire l’habillait en fille, ne lui coupait pas les cheveux et l’appellait « poupée chérie », Hemingway haissait sa mère et la qualifiait de « salope »…
Voici une relation de l’oeuvre et de la vie d’Hemingway ecrite par Leonardo Padura (ecrivain Cubain) parue dans le Figaro:
 »
L’Article du Figaro : Hemingway vu par Leonardo Padura (écrivain cubain)
« Cuba : Adios Hemingway

Il ne cesse de rallumer nerveusement une cigarette dont il fume quelques bouffées avant de l’éteindre à nouveau. Pour faire durer. La rumeur du boulevard envahit la pièce. Leonardo Padura ferme la fenêtre, tire une taffe. “La lecture de Hemingway a fait de moi un écrivain. Je l’ai admiré, infiniment. Mais j’ai découvert sa part d’ombre. Et j’ai écrit Adios Hemingway pour régler mes comptes avec lui.
L’intrigue commence comme un polar. Dans le parc de La Vigía, demeure de Hemingway transformée en musée, un ouragan arrache un manguier. Sous la souche, des ossements humains. Mario Conde, ex-policier, fan deHemingway et écrivain en herbe, est chargé de résoudre cette ténébreuse affaire sur laquelle plane l’ombre du plus célèbre des Cubains d’adoption.

Remontons le temps. Jusqu’à ce printemps 1928, où l’écrivain foula pour la première fois le pavé havanais en compagnie de sa seconde épouse, Pauline Pfeiffer, lors d’une escale du vapeur Orita en provenance de La Rochelle. C’est le coup de foudre. Hemingway revient à Cuba pour pêcher l’espadon, il y découvre la saveur des fruits tropicaux, le goût du rhum. L’île est propice à l’écriture. L’auteur, déjà célèbre, s’installe dans la chambre 511 de l’Hotel Ambos Mundos. Il y travaille à L’Adieu aux armes, un roman qui s’appuie sur ses souvenirs d’ambulancier héroïque lors de la guerre de 1914-1918, où il a été grièvement blessé.

Transformée en minimusée, la chambre 511 accueille les nostalgiques de “Papá”, surnom affectueux que les Cubains donnaient à Hemingway. Ils y trouvent photos et souvenirs. Mais c’est la vue, depuis la fenêtre d’angle, qui ouvre sur l’âme de l’écrivain : la mer, dont jamais il ne voulut trop s’éloigner, et le port s’y devinent au nord. Au sud, la cathédrale émerge de l’océan des toits de tuile de la Vieille Havane, inscrite au patrimoine de l’humanité. Les quais ne sont qu’à quelques centaines de mètres.

Au pied de l’immeuble néo-colonial, un carrefour, joyeux, bruyant. La musique, toutes les musiques cubaines, montent vers le ciel: salsa, son, rumba, cha-cha-cha, boléros se mélangent dans la rue, font vibrer l’air moite. 1936 : la guerre d’Espagne éclate. L’écrivain y est correspondant de guerre, et continue de forger le mythe planétaire d’un Hemingway dur à cuire, qui n’hésite pas à faire le coup de feu. Un mythe que Padura démonte dans son roman. Car jamais, en effet, l’auteur de Pour qui sonne le glas ne prit les armes en d’autres occasions que lors de ses nombreuses parties de chasse, où il fit montre d’un goût consommé pour le sang et la poudre.

“Il n’aurait pas eu les couilles pour tuer quelqu’un”, fait dire Padura à son héros désenchanté. Ce qui n’empêche pas Hemingway, de retour à sa table de travail de l’Hotel Ambos Mundos, d’écrire un roman intitulé fort à propos : En avoir ou pas. Le récit prend pour cadre La Havane : “Tu sais comment est La Havane tôt le matin, avec les vagabonds appuyés contre les murs, avant que les camions frigorifiques apportent la glace aux bars.” De fait, La Havane est un port, canaille, comme tous les ports. Il suffit de passer les limites de la zone classée par l’Unesco pour accéder à l’âme profonde de la ville, suintant de ses façades lézardées, pour retrouver, intacte, la cité évoquée par Hemingway. Splendeur fanée des frontons décrépits, des couloirs ombreux aux senteurs humides, une poésie que l’on imaginait reléguée aux arrière-cours des immeubles du Paris du XIXe siècle décrites par Maupassant, émane des rues en damier de la Vieille Havane.

N’empêche, il y a péril en la demeure, comme en témoignent les nombreux immeubles effondrés, privés de toits, de balcons. Il faut, à contre-courant, fendre la foule des badauds qui se pressent le long des vitrines de la rue Obispo. Enfin, le Floridita offre le havre de sa fraîcheur climatisée. Le bar fut l’un des quartiers généraux de Papá Hemingway. Une statue de bronze à son effigie, accoudée au comptoir, rappelle qu’il y éclusa force daïquiris, dont il inventa ici une recette singulière, le “Papá Doble” : double ration de rhum. Sans sucre. Une hérésie pour Leonardo Padura, qui affirme son goût pour le sucre de canne, seul apte – nous ne lui donnerons pas tort – à rendre buvable un daïquiri digne de ce nom.

Il faut de l’imagination pour convoquer en ces lieux les fantômes d’Errol Flynn, de Sartre ou de Gary Cooper parmi les touristes, dont certains flanqués de jineteras bien trop jeunes pour eux. Les nostalgiques préféreront sans doute la barrade La Bodeguita del Medio, au début de l’étroite rue Empedrado. Un simple trou dans le mur également fréquenté par les spectres du poète cubain Nicolás Guillén, du Chilien Salvador Allende. “Mon daïquiri au Floridita, mon mojito à la Bodeguita”, lançait, dit-on, Hemingway, un verre dans chaque main. Le cocktail culte de Cuba y demeure la boisson de référence, et la recette en reste inchangée depuis qu’Angel Martínez servait Papá.

Ce dernier ne tarda pas à poser son sac à Cuba après qu’en 1939, Franco a triomphé de la République espagnole. En Europe, la guerre gronde. Hemingway, qui la couvrira jusqu’au débarquement de Normandie, est de retour dans la chambre 511. Il entame la rédaction de Pour qui sonne le glas, chef-d’œuvre qu’il achèvera à La Vigía. Papá est habitué à écrire dans des chambres d’hôtel, des bars, des lieux improbables, trimballant partout sa machine à écrire portative. Mais l’Hotel Ambos Mundos est devenu trop bruyant. Ce sont les arbres des neuf hectares du paisible parc de la Finca La Vigía, une demeure perchée sur les hauts de San Francisco de Paula, qui séduiront l’écrivain. “Sans eux, La Vigía n’est rien”, écrit encore Padura.

Hemingway y réside jusqu’en 1959, alternant voyages aux Amériques – notamment à Key West, Floride, puis à Ketchum, Idaho, où il acquiert son ultime maison – et en Afrique, où il survit miraculeusement au crash de son avion au cours d’un safari. Quand il est à La Vigía avec sa quatrième épouse, Mary Welsh, Papá écrit, boit, reçoit. Les toreros Dominguín et Ordóñez, Gary Cooper, sans oublier les plus belles femmes du monde : Ingrid Bergman, Ava Gardner. En 1942, à bord de son yacht, El Pilar, Hemingway sillonne les Caraïbes à la recherche de sous-marins allemands.

Padura n’est pas dupe, qui parle d’épopée imbibée et foutraque. Nul, hormis les chercheurs, n’est autorisé à pénétrer dans le sanctuaire de La Vigía. Le visiteur découvre l’univers hemingwayen à travers les fenêtres ouvertes. La maison est en ordre. Comme si l’écrivain venait de s’absenter. Comme au lendemain de son départ vers les Etats-Unis en 1959, en route vers son suicide au seuil de la folie, deux ans plus tard.

Une ultime mise en scène, pour Mario Conde, amer et lucide, soliloquant dans Adios Hemingway : partout, des trophées de chasse, des armes. Sur une étagère, la machine portative Royal, avec laquelle il écrivait, debout comme un boxeur, dit la légende. Parce qu’une vieille blessure lui rendait la station assise douloureuse, corrige Padura. Qu’importe, le mythe est intact.

Sur le bureau de Papá, un étrange panonceau clame : “Les visiteurs non invités ne seront pas reçus.”Dans le dressing, uniforme de correspondant de guerre, bottes et chaussures astiquées patientent, comme à la parade. C’est dans la salle de bains que Mario Conde découvre les inscriptions les plus touchantes, relatives au poids de Hemingway, véritable obsession. Se croyant physiquement atteint, à la fin de sa vie, Papá se pèse quotidiennement et note le résultat à même la cloison.

Cet homme- là, saisi de peur devant la vieillesse qui approche, la folie qui guette, trouve enfin grâce aux yeux de Leonardo Padura. Quand son humanité profonde, sa fragilité, se laissent entrevoir derrière une légende lézardée. La Vigía est d’abord la maison d’un romancier. Les livres sont partout, jusque dans la salle de bains. Quelque 9000 ouvrages, la plupart annotés de la main de Hemingway. Sa correspondance, des lettres d’Adriana Ivancich, comtesse de 19 ans dont il tomba éperdument amoureux, et 3 000 photos et négatifs qui font la joie des chercheurs et des biographes.

De la tour, la vue sur La Havane et la mer qu’il chérissait tant est époustouflante. Là, son épouse installa un bureau où jamais il n’écrivit. Il semble qu’à la vue de l’océan il préféra certains jours celle, imprenable, d’Ava Gardner se baignant nue dans la piscine, sans savoir qu’un jour elle serait l’objet des rêves érotiques d’un héros de polar.

L’autre domicile de Hemingway est un yacht. El Pilar, veillé par les tombes des chiens défunts de l’écrivain, sommeille, protégé des embruns par un auvent. Son inconsolable capitaine, Gregorio Fuentes, qui inspira Le Vieil Homme et la mer, l’avait reçu en héritage de Papá. Le marin fit don du Pilar à l’État et vécut jusqu’à 104 ans. Témoin silencieux d’une passion, le fauteuil de pêche au gros où Hemingway lutta contre thons et espadons. Sa vérité est là. Pas dans le sanctuaire de la Virgen del Cobre, patronne des Cubains, où Papá fit déposer le Nobel reçu en 1954 – encore une mise en scène, affirme l’auteur d’Adios Hemingway –, mais dans le petit port voisin de Cojímar où mouillait habituellement le Pilar.

Au bar La Terraza, où l’écrivain éclusa des litres de rhum en compagnie de pêcheurs qui se moquaient bien de ses best-sellers. Hemingway les payait bien, les considérait. Les jours de mouise, il leur offrait même le produit de sa pêche. Il était devenu l’un des leurs. Si bien qu’à sa mort ils se cotisèrent pour récolter du bronze et faire fondre un modeste buste qui contemple la mer et le vieux fort. Le sculpteur n’exigea pas un peso. “C’est ce qui m’a réconcilié avec Hemingway, affirme Leonardo Padura. L’hommage des pêcheurs est le seul sincère et désintéressé qui lui ait jamais été rendu.” À l’homme, pas à sa légende. »

Emir Kusturica

LYON : 1st edition of  the Lyon first cinema festival

Emir Kusturica est né en 1954 à Sarajevo en République fédérale socialiste de Yougoslavie. Connu comme réalisateur de films, acteur, et musicien, ce personnage éclectique se révèle être écrivain avec « Etranger dans le mariage », après son autobiographie « Où suis-je dans cette histoire »…

Ses films ont révélé son exhubérance, sa soif de vie, mis en valeur dans ses rôles d’acteur notamment celui passé presque inapperçu dans « 7 jours à La Havane » sous la direction de Pablo Trapero

Avec son groupe : « The no smoking orchestra »

A la fois fantaisiste et réaliste il expose dans ses musiques et ses films son univers baroque qui lui a valu deux Palmes d’Or au Festival de Cannes pour « Papa est en voyage d’affaires » et « Underground ». C’est aussi un écrivain malgré ses détracteurs habituels, et voici qu’il publie son recueil  de six nouvelles qui lui ressemblent, remplies d’amour, de folie, de violence et de désespoir. C’est un retour sur les lieux de sa jeunesse, Sarajevo, Belgrade, et dans un petit village de l’ex-yougoslavie. Un monde onirique où on rencontre un petit garçon qui parle à une carpe dans l’eau de sa baignoire (comme certains paysans cubains y élèvent des petites tortues de mer), une Tzigane blonde aux fesses superbes, un bricolo de vieux postes radios, et des serpents qui fument, « Etranger dans le mariage » est paru chez Lattès.

Mon avis :

Ce n’est pas du Victor Hugo, mais c’est de l’authentique, du vécu qui sort comme de la sève de ce personnage nature qui ne se conforme pas au paraître mais explose d’humanité, le genre d’individu qui nous réconcilie avec l’humanité, loin des « poseurs » et des « détenteurs du savoir » qui exposent leur fatuité au long de leurs écrits, des pisses-vinaigre en quelque sorte.  Kusturica est spontané, non déguisé, jouisseur de la vie et cela se retrouve dans ses écrits, lisez le, oui cela peut surprendre il ne fait pas partie de « l’académie », mais bon sang quelle plume..!!!!

Reinaldo Arenas (Cuba)

      « Reinaldo Arenas est un écrivain cubain, romancier, nouvelliste et poète, né le 16 juillet 1943 à Holguín. Il grandit dans une famille paysanne pauvre, son père l’ayant abandonné et sa mère s’étant réfugiée chez ses parents. Après la révolution, il étudie à l’université de La Havane puis travaille pour la Bibliothèque Nationale José Martí. Il rêve alors d’embrasser une carrière d’écrivain. Son premier roman Celestino antes de alba (Les chants du puits) s’est distingué au concours national d’écriture.

      Mais le pouvoir veut reprendre en main les Cubains. La révolution culturelle prend une facette plus dure : les écrivains doivent censurer leurs écrits, les homosexuels sont considérés comme déviants. Arenas subit les persécutions du régime castriste, mais il continue d’écrire et de vivre sa sexualité comme il l’entend. S’il ne peut plus faire paraître ses œuvres sur l’île, il parvient malgré tout à les envoyer illégalement à l’étranger. Le peintre cubain Jorge Camacho, exilé en France, l’aide à faire paraître ses livres dans le reste du monde.

Ses critiques contre le pouvoir et son homosexualité lui valent de connaître la prison et les camps de réhabilitation par le travail. Il quitte Cuba pour les Etats-unis en 1980, tout comme des milliers de « rebuts de la société » expulsés par le régime cubain.

Arenas a raconté son histoire dans sa biographie Antes que anochezca (Avant la nuit) que le peintre et cinéaste new-yorkais, Julian Schnabel a adapté dans son film Before night falls.

Arenas, qui avait appris qu’il était atteint du sida en 1987, met fin à ses jours le 7 décembre 1990 à New York.

Les éditions Mille et une nuits ont publié nombre de ses œuvres : Le Monde hallucinant (2002), Encore une fois la mer (2002), Celestino avant l’aube (2002), Fin de défilé (2003), Le Palais des très blanches mouffettes (2004), La Plantation (2004), Arturo, l’étoile la plus brillante (2004), La Couleur de l’été (2006) et Adios a Mamà (2006). »

SOURCE :  http://m.fayard.fr/

Son oeuvre :

El mundo alucinante, 1982. Le monde hallucinant 1969. Le texte français est paru avant la version originale.

Cantando en el pozo (1982) (à l’origine Celestino antes del alba (1967)). Le puits

El palacio de las blanquisimas mofetas (1982). Le palais des très blanches mouffettes

La plantation

Arturo, la estrella más brillante (1984), Arturo, l’étoile la plus brillante

Otra vez el mar(1982). Encore une fois la mer

El color del verano (1982)

El Asalto (1990)

El portero (1987)

Antes que anochezca (1990) Avant la nuit.

Mona and Other Tales (2001)Traduction en anglais d’un recueil de nouvelles parues en Espagne entre 1995 et 2001

Con los ojos cerrados (1972),

La vieja Rosa (1980),

El central (1981), ISBN 0380869349

Termina el desfile (1981).

Cinco obras de teatro bajo el título Persecución (1986).

Necesidad de libertad (1986)

La Loma del Angel (1987),

Voluntad de vivir manifestándose (1989) ISBN 9879396553

Viaje a La Habana (1990). ISBN 0897295447

Final de un cuento (El Fantasma de la glorieta) (1991) ISBN 8486842387

Adiós a mamá (1996) ISBN 0897297911

El color del verano (1982) La Couleur de l’Eté , 1980. Mille et Une nuits (2007)

Luis Sepulveda

Photo: Daniel Mordzinski.

Luis Sepulveda, un auteur engagé…?

Si on se réfère à son parcours de vie la réponse est positive : emprisonné par Pinochet au Chili où il est né en 1949, il évite la peine capitale et voit sa peine de 28 ans de prison commuée en un exil en Suède.

Il voyage en Amérique du Sud et rejoint les Sandinistes au Nicaragua. Après la victoire des forces révolutionnaires il y travaille comme reporter. En 1982 il s’installe en Europe et travaille comme journaliste, il rejoint Greenpeace et s’interesse aux causes écologistes qu’il avait déjà cotoyées aupres des indiens Shuars d’Equateur.

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Son livre  « Le Vieux qui lisait des romans d’amour » 1992 lui amène la notoriété.

1969 : Crónica de Pedro Nadie, contes

1986 :

Los miedos, las vidas, las muertes y otras alucinaciones, contes

Cuaderno de viaje, contes

1992 : Le Vieux qui lisait des romans d’amour

1993 : Le Monde du bout du monde

1994 : Le Neveu d’Amérique (Patagonia Express)

1996 : Un Nom de toréro

1996 : Histoire d’une mouette et du chat qui lui apprit à voler

1997 : Rendez-vous d’amour dans un pays en guerre

1998 : Journal d’un tueur sentimental

1999 : Hot Line

1999 : Yakaré

2001 : Les Roses d’Atacama

2003 : La Folie de Pinochet

2005 :

Une sale histoire

Les Pires Contes des frères Grimm (coécrit avec Mario Delgado Aparaín)

2008 : La lampe d’Aladino et autres histoires pour vaincre l’oubli

2010 : L’ombre de ce que nous avons été

2011 : Histoires d’ici et d’ailleurs

2012 : Dernières nouvelles du Sud

2013 :

Histoire du chat et de la souris qui devinrent amis

Ingrédients pour une vie de passions formidables

2014 : Histoire d’un escargot qui découvrit l’importance de la lenteur

Critique de livre :  https://aaronguide.com/2015/04/14/histoire-dune-mouette-et-du-chat-qui-lui-apprit-a-voler-de-sepulveda/

Bernard Ollivier (France)

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Bernard Ollivier

né en 1938 dans la Manche ; vit aujourd’hui dans l’Eure. Puisque son itinéraire depuis le début a choisi les voies de l’inattendu, il a résolu de prendre jusqu’au bout son monde à contre-pied : en décidant l’an passé de partir avec son sac, c’est tout, pour une promenade de quatre ans. Jusqu’à Xian en Chine : 12 000 km de route — de piste surtout, et de mauvais sentiers parfois, quand il est possible de tailler un raccourci par la montagne. Ses (grands) enfants ont un peu cherché à le retenir, pas beaucoup : il a toujours eu la réputation d’un têtu qui ne renonce pas facilement à ce qu’il a décidé. Et puis il est seul à présent, veuf et retraité, mais toujours en attente de quelque chose qui pourrait venir et qu’il serait indigne de manquer. Alors… Fils d’un ouvrier granitier, il arrête l’école à seize ans, tâte d’un peu tous les boulots — terrassier, docker, garçon de restaurant, représentant, professeur de gymnastique —, passe son bac alors qu’il n’est pas loin d’atteindre la trentaine… et décroche dans la foulée (façon de parler) le diplôme de l’Institut de Formation des Journalistes. Comme beaucoup d’autodidactes, c’est un dévoreur de livres (histoire surtout : Braudel est son dieu). Le fils du carrier sera pendant quinze ans un journaliste politique plein de curiosités et de talents (A.C.P., Paris Match, Combat), et pendant quinze ans encore un chroniqueur économique ou social écouté (Première chaîne, Le Figaro, Le Matin) ; c’est aussi un scénariste à l’occasion, qui s’offre même le luxe de quelques succès. D’autres en auraient profité pour s’acheter sur le tard une jolie paire de pantoufles. Sa retraite le rend à la solitude : et à la route, qu’il a toujours pratiquée sans faire de bruit. Tuberculeux à dix-huit ans et craignant d’y laisser la peau (comme un de ses copains d’alors), il pratique le sport avec fureur et y retrouve la santé. Il ne cessera ensuite de trotter, quand son métier lui en laisse le temps : une vingtaine de marathons (dont celui de New York), quelques courses de 100 km, une participation aux « Foulées de la Soie » (de Kashgar à Pékin) et, voici deux ans, à titre de mise en jambes en attendant mieux, une virée jusqu’à Compostelle — 2325 km en trois mois. Il lui arrive aussi d’aider les autres à trotter : il vient de fonder une association (« Seuil ») qui se donne pour but de remettre les jeunes délinquants sur le bon chemin… par la marche ; tout candidat à ce nouveau mode de réinsertion s’engage à accomplir au minimum deux mille kilomètres à pied en pays étranger. De quoi vous changer un bonhomme. Quant à savoir pourquoi lui persiste à aller ainsi, chaque fois un peu plus loin… Il ne sait trop. On lui a posé cent fois la question, elle l’embarrasse toujours. Peut-être a-t-il écrit ce livre pour essayer d’y répondre. Ou pour se convaincre qu’il n’y avait rien à répondre.

Extraits de « la longue marche » Tome I

« Je repense à tous ces Turcs et tous ces Kurdes qui m’ont offert sans compter leur temps, leur soupe et parfois leur lit. Le souvenir de ces gestes fraternels fait battre mon coeur un peu plus vite, et la marche n’y est pour rien. Certes, j’ai vécu des jours sombres depuis mon départ, mais si peu, comparés aux heures belles et claires de cette Turquie que je vais bientôt quitter. Selim, le philosophe ; Mustapha, le bakkal ; Hikmet, l’étudiant ; Shoukrane, l’hôtesse ; Behçet, le vieil intellectuel ; Arif, le paysan et tous les autres, vous êtes mes amis. Des amis rares. Amitiés d’un jour, et pourtant fortes et solides comme si le temps les avait affermies.

Je n’avais jamais éprouvé cela auparavant : que l’amitié, l’amour, ne sont pas affaires de temps mais le résultat d’une secrète alchimie, et que l’éternité, non plus, n’est pas une affaire de durée. Tout homme, dit-on, revient changé d’un pèlerinage. Mes amis Kurdes et Turcs,.. je rentrerai… avec votre sourire et votre accolade de l’adieu au fond de moi. »

                                                                                       Extrait de « Longue marche »

« Cette Turquie que je vais bientôt quitter m’aura appris la signification d’un des plus beaux mots de sa langue : « misafir ». En français aussi, j’aime bien ce mot « hôte »… Mais je crois n’avoir jamais, au cours de mes diverses pérégrinations, rencontré une telle chaleur, un si grand naturel dans l’ouverture de sa maison aux autres qu’en Turquie. Dans les villages, j’ai toujours été frappé que l’orgueil de celui qui reçoit soit partagé par le reste des habitants.

Dans nos pays « civilisés », cette notion de l’accueil a été peu a peu oubliée ou pervertie. On reçoit la famille et le cercle étroit des amis. Quant aux autres, il y a des maisons faites pour ça, les hôtels… La porte ouverte, sans espoir de retour ou de bénéfice, sans conditions, n’est plus qu’une survivance rare d’avant la prospérité. La table ouverte pour le plaisir de la découverte, de l’échange et de la conversation est-elle encore possible chez nous ? »

                                                                                                  Extrait de « Longue marche »

Critique sur « La longue marche  »  :  https://aaronguide.com/2015/04/13/la-longue-marche-de-bernard-ollivier/

                                             Photo-227-copy

Jean Marie Blas de Roblès (France)

portrait

Jean Marie Blas de Roblès, né en 1954 à Sidi-Bel-Abbès en Algérie

Rapatrié en France avec ses parents après l’accession à l’indépendance de l’Algérie, il passe son adolescence en Provence, dans le Var. Il étudie ensuite la philosophie à la Sorbonne et l’histoire au Collège de France.

Diplômé, il enseigne la littérature française au Brésil (1981-1982), en Chine Populaire (1983-1984), puis en Sicile, et à Taiwan.

À partir de 1986, il devient membre de la Mission Archéologique Française en Libye et participe chaque été aux fouilles sous-marines d’Apollonia de Cyrénaïque, de Leptis Magna et de Sabratha en Tripolitaine.

Depuis 1996, il se consacre exclusivement à l’écriture.

Romans et nouvelles

  • 1982 : La Mémoire de riz et autres contes (nouvelles) Éditions du Seuil

  • 1987 : L’Impudeur des choses (roman) Éditions du Seuil

  • 1989 : Le Rituel des dunes (roman) Éditions du Seuil

  • 2008 : Méduse en son miroir (et autres textes), Mare nostrum

  • 2008 : Là où les tigres sont chez eux, Éditions Zulma (prix Médicis, grand prix Jean-Giono, prix du roman Fnac)3

  • 2010 : La Montagne de minuit, éditions Zulma (grand prix Thyde Monnier 20104)

  • 2011 : La Mémoire de riz, éditions Zulma

  • 2012 : Les Greniers de Babel, éditions Invenit

  • 2014 : L’île du Point Némo, éditions Zulma2014 : L’île du Point Némo, éditions Zulma

Poésie

  • 1983 : D’un Almageste les fragments : Périhélie, L’Alphée, n°10

  • 1986 : D’un Almageste les fragments : Sur des ruines Le Chat bleu, cahier n°3

  • 1990 : D’un Almageste les fragments : Pancrace, Bruno Grégoire, Poésies aujourd’hui,Seghers

  • 2006 : Alerte, Catacombes Le Mâche-Laurier, n°242006 : Alerte, Catacombes Le Mâche-Laurier, n°24

Essais

  • 1991 : Une certaine façon de se taire…, Quai Voltaire, n°3

  • 1998 : What It Means To Be in the Forest (Version française) Zingmagazine, volume 2, New-York

  • 1999 : Libye grecque, romaine et byzantine, Édisud

  • 2003 : Sites et monuments antiques de l’Algérie,avec Claude Sintes, Édisud

  • 2004 : Vestiges archéologiques du Liban, avec Dominique Piéri et Jean-Baptiste Yon, collection « Archéologie », Édisud-Librairie Antoine

  • 2011 : Sicile Antique, avec Bernard Birrer et Hervé Danesi, collection « Archéologies », Edisud2011 : Sicile Antique, avec Bernard Birrer et Hervé Danesi, collection « Archéologies », Édisud

Eléments sur « là où les tigres sont chez eux » :http://wp.me/p5X6E1-25