« Voyage aux Isles » de J.B Labat


« Voyage aux Isles » de J.B Labat

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c’est le récit détaillé du séjour du Père Labat, dominicain, à la Martinique et aux Caraïbes de 1693 à 1705. Le livre commence par l’embarquement de ce missionnaire sur un vaisseau devant le mener à La Martinique où il doit s’établir sur une mission qui lui sera attribuée à son arrivée.
Le texte est traduit de l’Ancien Français, et bien que la traduction est excellente on ressent parfois à la lecture des phrases un peu désuètes qui en font cependant le charme.
Le Père Labat a répondu à un appel de postes de sa hierarchie, son côté aventureux a été le plus fort et il s’est embarqué avec d’autres moines pour remplacer de nombreux prètres décimés par une épidémie de Fièvre Jaune, il ne cite pas cette maladie, mais dans le cours de son récit il parle du mal du Siam (Fièvre jaune) amené par un bateau venant de cette contrée.C’était une maladie dont peu de gens pouvaient réchaper…
D’emblèe on se rend compte que ce missionnaire adore décrire ses activités, la vie à bord du navire, le travail des équipages avec force détail, il utilisera ce procédé tout au long du livre pour livrer tout ce qu’il est amené à découvrir et l’on se rend compte qu’il est doué pour ce mode de vie. Ainsi décrit il ses journées à bord du navire : la prière, le bréviaire, la messe, le déjeuner, un peu de promenade sur le gaillard, la lecture, la leçon de géométrie qu’il donnait, le jeu après diner, le catéchisme aux mousses et matelots, le souper, le jeu d’échecs,, la prière et le coucher….
On participe au pitoresque baptême du tropique du cancer dont la tradition s’est poursuivie au cours des siècles. En passant il décrit la punition aux marins fautifs, dont ce qu’il nomme : la bouline sèche : une corde était attachèe du gaillard d’avant au gaillard d’arrière, le marin était dévétu de son haut, on lui fixait une corde autour du corps avec un anneau passé dans la corde tendue d’avant en arrière, l’équipage se mettait de part et d’autre de la grande corde avec des garcettes en main (petites cordes tressées) le marin devait courir sept fois d’avant en arrière et ses collègues le flagellaient au passage.. Labat assista à cette punition durant son voyage, un marin ayant juré pendant la traversée se vit infliger ce traitement.
Son voyage est pimenté par un combat naval contre un navire anglais, c’est le début d’une succession d’aventures que le Père décrit dans le détail….

S’en suit l’installation de Labat dans la mission qui lui a été attribuée, il s’agit de la région de Macouba à la pointe nord de l’île, je n’ai pas visité le nord de l’île au dessus de Fort de France, je connais le sud et d’après les descriptions qu’il en donne notamment celle des « mornes » je ne pense pas, sauf erreur, qu’il y ait d’énormes différences, voici une photo de google :

Martinique - Macouba - Rhum J.M.

Martinique – Macouba – Rhum J.M.

Labat fait la description des bâtiments, des lieux, du paysage, des relations avec les propriétaires voisins et sa découverte des « nègres » (je retranscris ici un terme employé constamment dans le livre)
il est également confronté avec certaines croyances, ainsi « un nègre » mordu par un serpent, on le soigne en tuant le serpent en souhaitant qu’ainsi le venin agirait avec moins de force, il définit cette croyance comme un phénomène de sympathie…On sent qu’il éprouve parfois de la compassion pour les malheurs de ces « nègres »…

Ce livre est succulent, il se lit bien, composé de mini chapitres relativement indépendants les uns des autres bien que respectant une chronologie simple, de son départ à son retour des isles…C’est une mine de renseignements sur les moeurs de l’époque. Si on le lit avec un regard contemporain on pourrait être choqué par le peu de cas sur le sort de ces « nègres » utilisés selon les besoins, lui même s’en sert pour son etablissement,il eprouve quelque fois de la compassion, mais son intérêt principal, pour l’instant, est d’en convertir et baptiser le plus possible. Bien que quelques fois critique il exerce son esprit à suivre la société des propriétaires terriens, sur laquelle parfois, individuellement, il jette un regard critique, relevant de ci de là les travers des gens, tout en n’omettant pas au passage de se glorifier un peu, il en est ainsi de son attitude vis à vis des autres Pères, dont on dirait qu’il savoure les echecs, se posant en donneur de leçons. Au fil du livre on apprend qu’il était retourné en France pour régler quelques affaires et que son retour aux îles avait été rendu impossible par ses superieurs, on peut se demander s’il n’avait pas attiré sur lui quelques jalousie devant ses réussites qu’il affiche ostensiblement…

 

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