Vers la sobriété heureuse de Pierre Rabhi


pierre10

Pour étayer la nécessaire modération de nos économies de surconsommation, Pierre Rabhi cite cette interpellation de l’Indien Seattle au président des Etats Unis : » Je suis un sauvage, et je ne connais pas d’autre façon de vivre. J’ai vu un millier de bisons pourrissant sur la prairie, abandonnés par l’homme blanc qui les avait abattus d’un train qui passait. »
A la lecture de ce passage je me suis rappelé l’impression de dégoût que j’éprouvais en entrant dans nos supermarchés géants  lors de retours de mes séjours en Amerique centrale, l’abondance dans l’insouciance générale, mais qui se soucie réellement du gâchis honteux de nos sociétés. Pour se donner bonne conscience on distribue à la dérobée quelques victuailles périmées  » à nos pauvres »…Et pire, le comportement conditionné de nos touristes dans les pays pauvres qui se plaignent que le buffet du petit dejeuner manque de beurre…C’est ce confort dédaigneux de toute conscience que nous risquons de payer…
Rabhi nous parle dans un langage simple, ceux qui craignent de trouver un livre d’économiste savant au style ampoulé et aux propos compliqués se trompent, il explique son point de vue de façon claire, et sa logique ne peut emporter que notre assentiment…
—Contre la gloutonnerie de nos civilisations qui prônent l’obésité il nous enjoint à la modération, à se contenter du strict nécessaire, personnellement je rejoins ses idées, pour en avoir experimenté plusieurs au cours de ma vie depuis  mon enfance…

Son livre est tout petit (134 pages sans les annexes) et tres lisible…

p.s : visiblement nos dirigeants n’ont jamais lu Rabhi : la BCE va injecter des centaines de milliards de « faux billets » dans les economies européennes…

« Je dois avouer qu’après la frugalité, parfois proche de l’indigence, vécue avec ma famille à partir de 1961 et durant une quinzaine d’années, pendant la phase pionnière de notre aventure cévenole, aujourd’hui, bénéficiant d’une prospérité certes raisonnable mais durement acquise, je suis obligé de me reposer à moi-même cette question : que veux dire au juste la sobriété que je prône..? »: Pierre Rabhi….

Rabhi évoque la relativité de l’argent selon les lieux où l’on se trouve, ainsi note t’il que lorsqu’il se déplacait en Afrique subsaharienne avec sa vieille voiture et ses livres il était plus riche que l’ensemble du village qu’il visitait..J’ai fait moi même ce genre de calcul, ainsi j’avais acheté un appartement de trois pieces, cuisine, salle de bains avec une terrasse de 80 metres carrés pour la somme 7500 dollars, soit environ 7000 euros, en faisant mon calcul sachant qu’un cubain gagne environ 25 dollars par mois cette maison valait le salaire mensuel de 280 cubains, et pourtant en France qu’a t’on pour 7000 euros..? Avec ma jeep et ma maison j’étais archi millionnaire, c’etait une voiture de 1948 qu’en France personne n’aurait achetée…

Sur ce point Rabhi est sans ambiguité, pour lui c’est une evidence l’économie mondiale va à sa perte, la démarche d’aller vers la sobriété heureuse pourrait peut être infléchir ce destin. Donc à mon avis il n’y a pas là d’hypocrisie,ni de culpabilité, sur ces plans c’est trop tard et ces questions ne se poseraient même plus…
—Je met en parallèles le contenu de ce livre et les problèmes économiques mondiaux. Ainsi aux dernieres nouvelles les USA annoncent qu’ils se seraient sortis de la crise, dans le même temps on insuffle plus de 1000 milliards d’euros pour l’économie européenne, et Mme Lagarde dernièrement à une interview de la télé déclare, que les hommes politiques ont usés toutes les possibilités de sortir l’europe de la crise et que cette injection d’argent serait l’ultime chance. Et si cela ne marchait pas..? Je crains que les USA se retrouvent aussi bien seuls et qu’ils se retrouvent dans la même situation que l’europe..
La solution selon Rabhi ne serait pas d’attendre que le monde politique fasse quelque chose mais que les individus se saisissent de leur destin…
Bien sur je m’interroge, se peut il que les peuples se separent du carcan des gouvernances, n’est ce pas utopique..?

2 réflexions sur “Vers la sobriété heureuse de Pierre Rabhi

    • Oui Ammon c’est un auteur tres interessant, non seulement parcequ’il écrit bien et humainement, mais aussi parcequ’en nos temps de gaspillage où ce qui a peu servi est jeté et remplacé sans savoir si cela pourrait servir à quelqu’un dans le besoin Rabhi remet l’humain en perspective..Il se lit facilement, un style simple, pas besoin d’avoir de grandes connaissances en économie. Bonne future lecture…

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